1852 : Un touriste au village



En 1852 paraît une Description pittoresque et critique de La Chaux-de-Fonds suivie de quatre chapitres : Ses agréments et ses désagréments, Ses environs, Moeurs et Habitudes. Elle est signée Marin Laracine. Journaliste, né à Carouge, Marin-Joseph Laracine séjourne de 1849 à 1851 à La Chaux-de-Fonds. Il est rédacteur de plusieurs journaux libéraux, dont Le Républicain neuchâtelois, première feuille politique des Montagnes. On perd sa trace quelques années plus tard à Genève.
Sa description fait l’objet du numéro 41 de la Nouvelle Revue neuchâteloise.
On suit le guide de Gibraltar à Bel-Air en passant par la rue de la Place-d’Armes, celle de la Demoiselle et de la Grognerie, découvrant places et maisons disparues, transformées ou encore restées presque telles quelles.
Parcours :
Du collège de la Promenade à la Bibliothèque de la Ville, en passant par la rue Gibraltar et celle de la Place-d’Armes.
Textes :
Marin Laracine, Description pittoresque et critique de La Chaux-de-Fonds, (1852)
Lectrice, lecteur :
Aurore Faivre, Vincent Held
Lire un petit bout…
Vous saurez donc que l’on ne débite dans les cafés de La Chaux-de-Fonds que vin, bière et liqueurs, dont, par parenthèse, il se fait une assez ample consommation, et que le café, soit la chose qui porte ce nom, y est en quelque sorte une exception. Ah! si pourtant; il s’y débite une espèce… de… , ma foi, je ne sais quel nom donner à la chose, malgré que cette chose porte cependant une dénomination, mais une dénomination tellement baroque, qu’il m’a toujours été impossible d’en découvrir l’étymologie, ni même l’origine, quoique pour cela je me sois fréquemment adressé aux amateurs de ce breuvage. Cette composition se dénomme criso; mais comment écrire cet étrange mot, cafetiers et consommateur se contentant de le prononcer. Est-ce criso, ou crisot, chriso, ou bien encore criseau? Je n’en sais absolument rien. Je sais seulement que cette boisson se compose de deux parties d’eau plus ou moins chaude et sucrée, et d’une partie de vin rouge; je sais de plus qu’elle est employée comme calmant par ceux dont la poitrine est en ébullition suite à des libations outre mesure, et par les enrhumés.
Marin Laracine, Description pittoresque de La Chaux-de-Fonds
Remarque : Le chryso est d’abord un alliage jaune-rouge utilisé dans l’horlogerie, avant de désigner cette boisson, fort répandue à l’époque, en effet.
Balade organisée en collaboration avec la Bibliothèque de la Ville à l’occasion de l’exposition La Chaux-de-Fonds entre textes et archives, réalisée le 5 mai 2018
