Blaise Cendrars
Feuille de route chaux-de-fonnière



Il est vrai que le plus célèbre des écrivains nés à La Chaux-de-Fonds n’y a vécu que les sept premières années de sa vie. Il est vrai que l’homme à la main coupée n’y est jamais revenu. Mais sa maison natale domine fièrement le parc de l’Ouest, l’Hôtel de ses grands-parents abrite toujours un restaurant, et l’imprimerie de l’un des fameux sept oncles célébrés dans un poème se devine encore, rue Jaquet-Droz. Et si Cendrars, fabulateur de génie, n’a cessé de réinventer sa vie, le petit Frédéric Sauser a bien inspiré quelques-unes de ses pages.
Parcours :
Du parc de l’Ouest au Musée des beaux-arts en passant par le restaurant La Casa Rossa
Textes :
Poèmes et extraits des textes autobiographiques de Blaise Cendrars
Lecteurs :
Raymond Pouchon, Philippe Vuilleumier
Lire un petit bout…
J’ai vu le Diable dans mon berceau, sous forme d’une boule électrique qui jetait des flammes et des étincelles crépitantes, et je hurlais, hurlais de frayeur!
J’avais un an. C’était le jour de mon baptême. C’était à La Chaux-de-Fonds (Suisse). Maman était venue présenter son dernier-né à son père. Grand-père était mon parrain.
Cela se passait au vieil Hôtel de la Balance. On festoyait dans la salle du bas. On valsait. On me laissait hurler dans ma chambre. Je m’en souviens bien. Je hurlais, je hurlais! Le Diable avait fini par disparaître, mais je continuais à hurler, m’entraînant moi-même, puis par jeu.
Quelqu’un entrouvrit la porte dans le noir et m’envoya une énorme baffe pour me faire taire. Je tombai à la renverse dans mon oreiller et je ne sais plus… En tout cas, je me taisais…
Petit Blaise, tu dors ou tu ne dors pas? (Aide-toi, le Ciel t’aidera!)
Blaise Cendrars, Bourlinguer, 1948
Balade réalisée le 23 novembre 2014, reprise le 14 février 2015 (pour le vernissage du livre Blaise Cendrars au coeur des arts par Gabriel Umstätter)
