Jeu de cubes, jeu de vies



Le quartier de l’Esplanade, en surplomb de La Chaux-de Fonds : une cité de cubes blancs, comportant 294 logements, inaugurée dans l’euphorie des années 1990 et peu à peu délaissée.
Un ensemble articulé sur une longue rue transversale piétonne sous laquelle se trouve un immense parking souterrain.
Des airs de station balnéaire pendant la morte saison. Et tout à coup, des rires d’enfants, un ballon qui rebondit, des pas dans les multiples escaliers…
Plus de magasins, mais l’Atelier Grand Cargo (un centre culturel)…
Denis Clerc, ancien urbaniste communal, met en lumière l’originalité de ce projet en présence du concepteur de l’ensemble, l’architecte zurichois Claude Schelling.
Lieu :
Le quartier d’Esplanade
Textes :
Odile Cornu
Fanny Wobmann
Yves Robert
Lectrices, lecteur :
Garance La Fata, Christiane Margraitner, Didier Chiffelle
Lire un petit bout…
Etre au milieu, ce serait bien. Un peu comme un cocon. J’ai toujours eu envie d’être au milieu. De tout et n’importe quoi. Mais j’ai reçu des coups de pied de tous les côtés, par de simples regards, des regards qui cognent. Ils m’ont envoyée me balader dans les marges. C’est ça, j’ai toujours eu l’impression que je ne pourrais jamais faire partie du corps du texte, que je resterais en note de bas de page, dans tout ce qu’on mentionne en passant, pour ne pas trop s’étaler sur le sujet – par un manque d’intérêt. Au centre, je crois bien que je saurais trouver ma place, pourtant. Etre au milieu ce serait gratifiant et doux… Mais quand je m’imagine au milieu, au bout d’un moment je suis prise d’angoisse : et si je commençais à parler sucre? Oui, moi je dis parler sucre. Ce n’est pas une expression que les gens utilisent – mais une que j’aime, que je comprends. Parler sucre c’est avoir la bouche remplie de canards – les sucres trempés dans l’alcool et la petite ligne du liquide absorbé qui monte, qui monte, jusqu’à tout craqueler, tout faire fondre.
Odile Cornuz, Terminus, 2013
Balade réalisée le 15 décembre 2018
