Jules et Jenny Humbert-Droz
un couple à Moscou… et à La Chaux-de-Fonds



Jules Humbert-Droz (1891-1971) a bien connu Lénine, puisque c’est sur la proposition de celui-ci que le Chaux-de-Fonnier a été nommé secrétaire de l’Internationale communiste en 1923. A quoi on peut ajouter qu’il a encore mieux connu Staline, qui a fini par l’exclure du Parti communiste en 1943. Jules Humbert-Droz a ensuite été le secrétaire central du Parti socialiste suisse de 1946 à 1959. Ses Mémoires sont un témoignage capital sur l’histoire de la gauche européenne dans la première moitié du XXe siècle.
Jenny fut la compagne de combat de son mari, partageant ses convictions chrétiennes, pacifistes, communistes, et enfin socialistes.
Militante féministe, elle fut la présidente de la première section des femmes socialistes. Cofondatrice de la Fédération romande des consommatrices et éditrice du quatrième tome des Mémoires de son mari, elle fut active jusqu’à un âge très avancé. Elle décède en 2000 à La Chaux-de-Fonds, à l’âge de 107 ans.
Entre Moscou et La Chaux-de-Fonds, la balade évoque une histoire terriblement complexe : celle du couple et surtout celle du siècle.
On passe devant la prison, Humbert-Droz fera plusieurs séjours sous les verrous, le premier à Neuchâtel pour objection de conscience. On s’arrête aussi devant le dernier domicile du couple, Parc 31bis, et la Maison du Peuple où est évoquée La Sentinelle, journal aujourd’hui disparu, auquel Humbert-Droz a collaboré.
Parcours :
De l’Ancien Manège au Musée des beaux-arts en passant par le Grand Temple et la place des Brigades Internationales.
Textes :
Extraits des Mémoires de Jules Humbert-Droz et du livre de Jenny consacré à son mari
Divers autres écrits de Jules Humbert-Droz
Lectrice, lecteur :
Muriel Matile, Jean-Louis Giovannoni
Lire un petit bout…
(A la veille du 3e congrès, juin 1921)
Malgré les nombreuses séances préparatoires, Lénine prit le temps de m’accorder une longue entrevue dont j’ai gardé un cuisant souvenir. Il m’interrogea sur la création du Parti communiste suisse, sur les camarades qui nous avaient suivis et ceux qui nous avaient lâchés. Puis il me demanda quelle était la situation en Suisse romande. Je lui dis que nous avions une section de 120 membres à La Chaux-de-Fonds… «Pourquoi le Parti communiste n’a-t-il recueilli que 80 voix aux élections communales?». Cette interruption faite d’un petit air moqueur me ramena les deux pieds sur terre. Je lui dis nos désillusions, le fait que la moitié des partisans de la Troisième Internationale étaient restés dans le Parti socialiste. La crainte des ouvriers horlogers, en grande partie chômeurs, de perdre la majorité socialiste à La Chaux-de-Fonds où la commune tenait tête aux partis bourgeois coalisés. Je soulignai l’influence de la contre-offensive réactionnaire, favorisée par la scission des organisations ouvrières.
Jules Humbert-Droz, Mémoires
Balade organisée avec l’appui de Gérard Donzé (responsable du Fonds Humbert-Droz déposé à la Bibliothèque de la Ville), réalisée le 25 mars 2017
