Ma ville, mon quartier : balade dans les années 1930-40

A partir des récits d’habitants qui racontent leur enfance, une longue balade pour découvrir la vie quotidienne dans trois quartiers de la ville : la rue du Parc, avec son cinéma (aujourd’hui un restaurant), ses commerces disparus, la Ferme Gallet et ses environs et la pittoresque rue des Granges.
Les achats à l’épicerie de quartier, les premiers émois amoureux au cinéma, les jeux d’enfants dans les rues en été et les attaques de tram à coups de boules de neige!
Le passage du paysan en ville pour livrer le lait, les échoppes du menuisier, du cordonnier, du tapissier, du vitrier…

Parcours :
Du café le Ticino à la rue du Parc, jusqu’au café des Faucheurs à la rue des Granges, avec un arrêt pour la soupe de midi à l’atelier Inter-du-Mitan au parc Gallet

Textes :
Mémoires déposés aux AVO :
Denise Aeschlimann
Roger Schlup
Maurice Girardin

Lectrices, lecteur :  
Christine Chalard, Isabelle Meyer, Philippe Vuilleumier

Lire un petit bout…

Il y avait l’hiver et en hiver il y avait de la neige. Chaque commerçant « faisait son trottoir », dégageait son entrée de magasin. Les passants ne traînaient plus dans la rue. Le triangle passait pour dégager la route. C’était un grand triangle tiré par des chevaux. La neige était ainsi repoussée vers les trottoirs et s’amoncelait en talus impressionnants. Ces derniers faisaient le bonheur des enfants qui s’y glissaient et patinaient sur la route durcie. Mon père nous aidait à creuser ces tas de neige et à creuser des igloos qu’on appelait « fortins ». Pendant la nuit il venait les arroser afin qu’ils gèlent.

Avec quelques copains nous projetions de faire dérailler le tram en recouvrant les rails d’une quantité de boules de neige. Nous étions cachés derrière un talus et attendions le résultat. Le conducteur vigilant arrêtait son véhicule, déblayait la neige en jurant bien que s’il nous attrapait, nous pourrions tremper notre derrière dans la neige pour le refroidir.

J’allais à l’école en patins à neige que je fixais à mes grosses chaussures. Parfois je m’accrochais au traîneau du paysan-laitier ou me posais sur un lugeon de sa glisse. C’était un petit aperçu de voyage au grand nord, clochette, cheval hennissant, traîneau, vent. J’aimais l’hiver.

Denise Aeschlimann, Chronique de rue, vers 1940

Balade organisée en collaboration avec les Archives de la vie ordinaire (AVO), réalisée les samedi 26 avril et 3 mai 2014

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