Sur les traces de Monique Saint-Hélier

Berthe Eimann, Monique Saint-Hélier de son nom de plume, est née en 1895 à la rue de la Concorde (Bel-Air). Elle est décédée en 1955 près de Paris, où elle vivait avec son mari, Blaise Briod, depuis 1926. Elle n’est jamais revenue dans sa ville natale, mais elle en gardait des souvenirs qu’elle a restitués dans la saga d’une grande famille bourgeoise, les Alérac. Monique Saint-Hélier a été abonnée toute sa vie à L’Impartial, ce qui lui permettait de suivre la vie d’ici de son lit de malade à Paris ou à Chambines. Elle a entretenu une correspondance régulière avec l’artiste chaux-de-fonnier Lucien Schwob.

Cette balade permet notamment de découvrir l’Essuie-main, une maison étrange, très haute et très étroite à la rue de Jérusalem, le collège primaire de la Charrière, le jardin de la superbe Maison des Arbres, près de l’hôpital, cadre possible du bal du Cavalier de paille.

Parcours :
En 2011, de la Bibliothèque de la Ville jusqu’à La Sombaille
En 2015, de La Sombaille à la Bibliothèque de la Ville en passant par l’Hôpital et le collège de la Charrière

Textes :
Extraits de l’œuvre de Monique Saint-Hélier

Lectrice, lecteur :
Isabelle Meyer, Philippe Vuilleumier

Lire un petit bout…

La musique remplissait les murs, sortait des fleurs, des épaules, des tentures que le vent des robes soulevait, – tournait, rampait, levant dans les âmes de vieilles poussières. Et ceux qui regardaient le bal avaient la gorge serrée, comme si chacun prenait l’angine. Des époux paisibles se jetaient des regards désorientés… « mais non, ce n’est pas toi,… c’était quelqu’un d’autre. » – « J’avais vingt ans », disaient les face-à-main,… – « trente-deux », pensait Peyrève, les yeux perdus, le sourire un peu fixe,… « elle était… »

– Je vous dis que vous referiez la même chose, fit Ancelin aîné, en lui tapant légèrement sur l’épaule,… pas besoin de rougir, je sais à quoi vous pensiez : Tous pareils, – la musique, c’est la gale de l’âme. Au fond,… qu’est-ce qui ressemble le plus à un cimetière qu’un grand bal?… Ce ne sont pas les vivants qui dansent, mon cher, ce sont les morts qui sont en nous.

Il referma son porte-cigares, et d’un geste habituel, prit sa barbe entre les doigts. Tout près d’eux, Carole Alérac et Sullivan glissèrent, s’éloignèrent. Le parquet était un grand lac jaune.

Monique Saint-Hélier, Le Cavalier de paille, 1936 (ponctuation d’origine)

Une première balade consacrée à Monique Saint-Hélier a eu lieu le 22 octobre 2011, à la suite de laquelle est fondée l’Association 1000m d’auteur.e.s, la balade a été reprise le 26 septembre 2015

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